Pedro Antonio Marin, alias Manuel Marulanda ou “Tirofijo”, dont le décès à l’âge de 80 ans, a été annoncé samedi par l’armée colombienne était le chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui ont mené une guérilla sans merci contre le pouvoir depuis près de 50 ans. Le décès vient d’être confirmé par les FARC.

     “Description: “1,68 m, 68 kilos, indien américain, nez crochu, cheveux noirs et souffrant d’arthrite. Profession: Narco-terroriste”, affirmait un sévère curriculum vitae écrit par le commandant Luis Alberto Villamarin, dans un ouvrage intitulé le “Cartel des Farc”.

     Son biographe officiel, Arturo Alape, le décrivait au contraire comme un homme serein et réservé qui s’exprimait volontiers sur un ton paternaliste.

     Connu aussi sous le surnom de “Tirofijo”, signifiant quelque chose comme “en plein dans le mille”, il a pris les armes dès l’adolescence après la mort de plusieurs de ses proches dans des violences politiques qui ont suivi en 1948 l’assassinat de Jorge Eliecer Gaitan, un dirigeant de gauche.

    Dès lors, il organisera sa guérilla, d’abord telle une affaire de famille, avec ses 14 cousins, puis, séduit par les thèses communistes, il prendra la tête en 1953 d’un groupe d’autodéfense agraire communiste, fort de 26 guérilleros.

     Né le 12 mai 1928, à Génova, dans le Quindio, la région du café à l’ouest de Bogota, Manuel Marulanda Velez – dont le pseudonyme rend hommage à un dirigeant colombien de la région d’Antioquia (nord-ouest) des années 30 – est le fondateur de la première guérilla paysanne de Colombie.

     Marulanda, qui fut donné pour mort au moins à 17 reprises, sortit rarement de sa clandestinité et des forêts de Colombie. Il serait marié et aurait “plusieurs enfants”, dont une fille qui combattrait à ses côtés.

     En décembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy l’avait appelé à oeuvrer en vue d’une solution humanitaire pour les otages “politiques” -actuellement au nombre de 39- détenus par les FARC, et lui avait demandé “solennellement de relâcher” en particulier la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue depuis février 2002.

      Cet appel était resté sans réponse, les Farc demandant notamment la libération de quelque 500 guérilleros emprisonnés.

    Cette libération de Mme Betancourt était pourtant en bonne voie, avant la mort du numéro deux des Farc, Raul Reyes, tué lors d’une incursion de l’armée colombienne en Equateur le 1er mars, a récemment déclaré la sénatrice colombienne Piedad Cordoba.

     La désertion en mai de Nelly Avila, alias “Karina”, chef rebelle emblématique des Farc, redoutée des autorités colombiennes, représentait également pour la guérilla marxiste et pour son chef historique un cuisant revers.

    C’est dans le courant de 1956 que se tiendra la première conférence de la guérilla colombienne lors de laquelle fut désigné un Etat-major de 13 membres. Sa direction fut alors confiée à Marulanda, nommé chef militaire.

    En 1960, son beau-frère et ami proche Pedro Ardila est abattu par les autorités colombiennes, ce qui lui fera dire : “Ils ont tué l’agneau et ont épargné le tigre”.

    Le 27 mai 1964, l’Armée colombienne lance une offensive de 5.000 hommes, la campagne de Marquetalia (sud), contre Marulanda et 48 de ses guérilleros armés, qui deviennent dès lors les Farc.

    Il était ainsi le plus vieux guérillero communiste du monde, chef suprême des Farc, une armée aujourd’hui affaiblie, mais toujours forte de 7.000 à 9.000 hommes et présente sur tout le territoire colombien, soit la principale guérilla du pays.

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/les-farc-confirment-la-mort-de-leur-chef-manuel-marulanda/924/0/247783

 

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